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[DOSSIER] Powers : la critique « No Spoil » de la saison 1 !

Posté par caillou71 le 30 avril 2015 à 12 h 00 min
D'après le comic Powers de Brian Michael Bendis et Michael Avon Oeming.

INTRODUCTION


Après six années de gestation, le comic de Brian Michael Bendis et Michael Avon Oeming est enfin là, sous nos yeux impatients. Depuis 2009, les créateurs du comic et producteurs de la série TV n’ont pas cessé de croire au potentiel de leur adaptation télévisée, et ce même après l’abandon de la chaîne FX. Sony Pictures Television, qui était jusqu’à présent co-producteur de la série, a profité de l’occasion pour récupérer le projet. Son ambition est double, aller concurrencer les productions originales d’Amazon et de Netflix, et promouvoir sa plate-forme de distribution numérique et de services en ligne, le PlayStation Store (PSN).

Powers est une série originale déconseillée au moins de 12 ans, proposée uniquement en VOSTFR (Version Originale Sous-Titrée en FRançais), de 10 épisodes d’environ 42 minutes, soit un total de 7 heures. La diffusion des 3 premiers épisodes a eu lieu le 10 mars 2015 sur OCS Choc. Les épisodes suivants ont depuis été diffusés tous les mardis jusqu’au 28 avril 2015, date à laquelle les adeptes ont pu visionner le final de la série. Powers est également accessible gratuitement à tous les membres PlayStation Plus via une application à télécharger sur le PlayStation Store, développée en partenariat avec OCS [Orange Cinéma Séries]. Disponible en Europe le mercredi lors de la traditionnelle mise à jour hebdomadaire du PSN, Powers est aussi proposé pour les non-abonnés aux prix de 24,99 € pour la version SD (Standard Definition) et 27,99 € pour la version HD (High Definition). Les épisodes peuvent être également achetés à l’unité, à 2,49 € pour la version SD, pour un poids d’environ 550 Mo ou à 2,99 € pour la version HD, pour un poids d’environ 2,1 Go.


SCÉNARIO


Dans un monde où les super-pouvoirs sont relativement communs, et pas particulièrement héroïques, deux inspecteurs de police, Christian Walker et Deena Pilgrim, sont spécialement chargés des crimes impliquant des pouvoirs hors normes…

Au sein de la « Powers Division » de la « Los Angeles Police Department » (LAPD), les inspecteurs Christian Walker et Deena Pilgrim sont affectés à des enquêtes qui impliquent des personnes douées de capacités extraordinaires, appelées les « Powers ». Cette division spéciale est unique dans le monde. Les polices des autres villes n’enquêtent pas sur les affaires des « Powers », laissant ces derniers se faire justice entre eux au détriment de la population. Créée il y a 5 ans pour ce genre d’enquête, la « Powers Division » est une section de la police qui souffre depuis toujours de son image auprès des autres unités : la police municipale préfère oublier son existence et la division ne brille pas pour son matériel faute de budget conséquent alloué.

Christian Walker est un ancien « Powers », l’un des meilleurs de sa génération, du nom de Diamond. Avec Olympia, Triphammer et Retro Girl, ils formaient l’une des équipes les plus respectées au monde. Après avoir perdu ses pouvoirs lors de son dernier combat contre Wolfe, son ancien mentor devenu fou et cannibale, Christian Walker a intégré la brigade spéciale pour enquêter sur des crimes impliquant des « Powers ». La mort de son coéquipier et ami Brian Stockley dans les premières minutes de la série est l’occasion pour Deena Pilgrim, une jeune inspectrice de Caroline, d’intégrer le show comme débutante et nouvelle coéquipière. Les ennuis commencent lorsque le second élève de Wolfe, un certain Johnny Royalle présumé dévoré par son mentor, refait surface en distribuant une nouvelle drogue rendant plus fort les « Powers », le Sway…

D’une manière assez déconcertante, la série nous immerge immédiatement dès les premières secondes dans ce monde opposant les humains et les Powers. Le scénario est abordé avec un angle polar-esque et sombre, à la manière de Gotham, la série télévisée de la FOX sur les origines de Batman. Les bonnes idées sont là, mais elles ne nous surprennent que rarement dans un scénario qui peut nous paraître pas moment cruellement décousu. Cet impression d’avancer dans l’histoire sans réel fil rouge donne à la série une étrange impression, comme un arrière-goût d’inachevé. L’histoire est parfois brouillonne et beaucoup de choses comme les super-pouvoirs ne sont pas expliqués clairement… Ou expliqués trop tard comme le passé des personnages par l’intermédiaire de flashbacks.

Mais dans sa direction scénaristique douteuse, la série parvient quand même à retomber sur ses pattes, et parvient également, quand les idées sont là, à nous faire accrocher pour la suite de l’histoire. Comparant les super-héros aux célébrités de nos jours en les laissant vivre parmi les communs des humains, Powers prend ainsi le contre-pied de toutes les autres séries de super-héros où ces derniers sont solitaires et vénérés du reste de la population.


CASTING


Après avoir eu plusieurs remaniements au niveau de sa distribution, c’est finalement Sharlto Copley qui jouera le rôle de l’inspecteur Christian Walker et Susan Heyward qui sera retenue pour celui de Deena Pilgrim. Si Susan Heyward est une actrice assez peu connue, les connaisseurs se souviendront peut être de son personnage d’Hannah dans la série TV The Following en 2014, Christian Walker est lui dans une toute autre catégorie. District 9, L’Agence tous risques, Elysium, Old Boy, Maléfique et plus récemment Chappie : Christian Walker est un acteur, réalisateur, scénariste et producteur connu et reconnu de ses pairs.

Michelle Forbes (24 Heures, Prison Break, Lost : Les Disparus), Noah Taylor (Lara Croft : Tomb Raider, Game of Thrones, Edge of Tomorrow) et Eddie Izzard (Ocean’s Thirteen, The Chronicles of Narnia : Prince Caspian, Hannibal) sont choisis pour interpréter respectivement les rôles de Retro Girl, « Big Bad » Wolfe et Johnny Royalle. Le capitaine Emile Cross de la « Powers Division » est joué par Adam Godley (Battleship, Breaking Bad, Homeland).

Le casting est solide, la distribution des personnes est cohérente et le jeu des acteurs est bon, sans plus. Le super-héros déchu, l’inspecteur Christian Walker, est plongé malgré lui dans un quotidien « normalisé » pour lui. Pour faire face aux événements extraordinaires, il n’a pas les pouvoirs d’un Flash, l’équipement d’un Batman ou d’entrainement d’un Arrow. Brisé et impuissant, il ne peut répondre à ces problèmes que d’une façon humaine ce qui le rend attachant dans ses actions et dans sa quête de pouvoirs.

Concernant les autres personnages, ils sont beaucoup plus stéréotypés dans leurs réactions ou leurs comportements que notre ami Sharlto Copley. La nouvelle partenaire qui débute dans la traque des Powers, la jeune aspirante qui désire plus que tout devenir une super-héros ou encore le Bad Guy Johnny Royalle qui vend de la drogue aux jeunes sont d’autant plus de personnages qui peuvent nuire à la cohérence du show s’ils sont mal-exploités. Plutôt que de se concentrer sur l’histoire de notre héros, la surabondance de ces rôles banaux éparpille l’attention du spectateur dans des histoires sans réelle importance.

Pour les dialogues, la série a fait le choix de l’approfondissement des caractères et la recherche de dialogues construits, même si elle tombe par moment dans la facilité et la caricature. Et là encore, comme pour le scénario ou les personnages, il y a du très moyen et du très bon, des dialogues plats et sans intérêts dignes d’une série B à des monologues bien construits et intéressants sur la célébrité ou l’impuissance.


RÉALISATION


Pourquoi avoir attendu six ans pour lancer le projet si c’est pour avoir un tel niveau de budget qui frise le ridicule ? Entre des costumes de super-héros mal faits, les mêmes décors identiques dans chaque épisode, un parking abandonné pour figurer la prison des Powers ou encore les effets spéciaux affreux digne d’une série des années 80/90, Powers ne brille certainement pas pour sa réalisation. Les quelques rares moments où les super-héros usent de leurs pouvoirs à l’écran piquent littéralement les yeux comme les scènes d’envol de Retro Girl ou le pouvoir de manipuler la lumière de Zora. Les scènes sanglantes de carnage de Wolfe où le sang gicle à profusion frisent également le ridicule… Heureusement qu’il ne tue pas !

Et ce n’est guère mieux du côté de la mise en scène puisqu’on a parfois l’impression d’avoir affaire à un film amateur. Certaines séquences sont pauvres et montées d’une manière plus qu’étrange dans le sens où elle coupe brutalement certains passages. Même l’image en elle-même n’est pas attirante, trop sombre.


IMAGES



BANDE SON


À l’image de la réalisation et des effets spéciaux, la bande son et les bruitages ne sont pas en reste. Les bruits de téléportation ressemblent à l’alerte d’une notification Facebook, et ce n’est pas le pire ! Même si le côté visuel n’est pas le plus important et que le scénario et les personnages primes dans une série, plus de moyens dans la réalisation n’aurait pas porté préjudice au projet, bien au contraire.


TRAILER



BILAN


LES PLUS :

  • Un univers captivant et un scénario de base original.
  • Sharlto Copley dans le rôle du super-héros déchu.
  • Un casting solide et des gueules plutôt connues.
  • Des monologues intéressants (célébrité, impuissance).
  • Disponible gratuitement sur le PlayStation Plus.

LES MOINS :

  • Le scénario parfois bancal et décousu.
  • Certains personnages inutiles et stéréotypés.
  • Des dialogues plats et sans intérêts.
  • Des effets spéciaux des années 80/90.
  • La réalisation visuelle et sonore très mauvaise.

CONCLUSION


Après avoir littéralement envahi les plateaux hollywoodiens et les salles obscures, nos super-héros ont depuis quelques années envahis nos chaînes télévisées en passant par la petite lucarne. Entre les actuelles séries sur les chaînes américaines, ABC (Agents of S.H.I.E.L.D. et Agent Carter), CW (Arrow, The Flash et iZombie), Fox (Gotham), NBC (Constantine) et Netflix (Daredevil), et les séries en projet (Untitled Agents of S.H.I.E.L.D. spin-off pour ABC, Preacher pour AMC, Supergirl pour CBS, Untitled Flash / Arrow spin-off pour CW, Génération X-Men pour FOX, Teen Titans pour TNT, A.K.A. Jessica Jones, Luke Cage, Iron Fist et The Defenders pour Netflix,…), les studios ne craignent-ils pas à une overdose de super-héros ?

Mais Powers possède de nombreuses bonnes idées et un scénario de base original qui a du potentiel. Sur le papier, il a la possibilité de se différencier de toutes ces autres séries, surtout avec son solide casting. Dommage que tout cela n’a été qu’inexploité par la production ! Si vous êtes abonnés au PlayStation Plus et que vous appréciez les super-héros, vous pouvez perdre 7 heures de votre vie pour Powers qui mérite le coup d’œil. Idem si vous n’êtes pas abonnés au service payant de Sony mais vous devez pour cela débourser quelques euros… Et cela demande plus à réfléchir !

Petite mention également par rapport au final de la saison qui laisse la porte ouverte aux scénaristes pour une saison 2 déjà annoncée. Si la production s’attarde à corriger les maladresses des 10 premiers épisodes en nous offrant un show de meilleure qualité avec quelques rebondissements inattendus, on ne peut qu’en demander plus !

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À propos de l'auteur de cet article :

“Adulescent shooté à la culture geek, associé secret d'Heisenberg, amant de Daenerys Targaryen, passager sombre de Dexter, ghostwriter de The Walking Dead, je suis l'une des 2 couronnes de Planète Playstation.”

» Il a déjà écrit 1878 articles sur Planète PlayStation.

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